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La pleine conscience pour améliorer la civilité au travail

Publié le 18 octobre 2021

Mes collègues qui pratiquent en civilité au travail sont particulièrement occupés ces temps-ci. La résolution des différends constitue une préoccupation de plus en plus importante pour les dirigeants des entreprises, qui ressentent une forte pression pour offrir à leurs employés un milieu de travail sain mais qui sont souvent à la recherche de moyens pour y arriver. Les approches les plus couramment employées sont de former les employés par rapport à la civilité, ce qui permet aux entreprises de montrer qu’elles ont pris des moyens préventifs, et de soutenir les victimes lorsque des problèmes se produisent. Sans vouloir dénigrer ces interventions, une recherche publiée par Hülsheger, van Gils et Walkowiak dans Journal of Applied Psychology offre toutefois une approche qui me semble prometteuse en termes d’impacts.

Les auteurs se sont intéressés au point de vue de la personne qui commet l’incivilité. On sait que ce n’est pas une intention, dans la mesure où personne ne se lève le matin en souhaitant être irrespectueux ou ostraciser un collègue. Les chercheurs se sont plutôt concentrés sur les émotions qui sont associées à l’incivilité. Les comportements d’incivilité peuvent être associés à une mauvaise régulation des émotions non seulement au moment où la personne commet l’incivilité, par exemple en réaction à une colère, mais aussi lorsqu’elle y pense par la suite puisque la culpabilité peut réduire la propension de la personne à commettre à nouveau ce comportement. Ils ont donc formulé l’hypothèse que les gens qui étaient davantage portés vers la pleine conscience allaient moins émettre de comportements d’incivilité et que, lorsque ce serait le cas, ils seraient moins portés à les répéter. Cette hypothèse a été confirmée dans une étude menée en Allemagne auprès de 152 travailleurs qui remplissaient des questionnaires quotidiens pendant une semaine.

La faiblesse de cette étude est que les chercheurs ont formulé la pleine conscience comme un trait. Or, ils soulignent avec justesse dans leur discussion que la pleine conscience s’enseigne, et que ces résultats laissent penser qu’une intervention permettrait aux organisations de diminuer les incivilités au sein de leurs équipes. J’espère qu’ils poursuivront leurs travaux avec une étude expérimentale, et qui sait peut-être même une comparaison avec une formation sur l’incivilité.

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