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Leadership

Comment le congédiement d’employés impacte la performance du groupe

Publié le 9 juin 2020

Nous allons parler cette semaine d’un thème plutôt négatif, et qui a donc fait l’objet de peu d’attention dans la recherche en psychologie, soit le congédiement d’employés. D’un point de vue économique, si on présume que les patrons qui demandent à un employé de partir prennent généralement une décision rationnelle, on devrait d’attendre à ce que ces départs aient un impact positif sur la performance de leur équipe. Ce n’est toutefois pas l’expérience de plusieurs qui travaillent au sein de groupes qui procèdent souvent à des congédiements, puisqu’il y a aussi des coûts importants : baisse du moral, réorganisation du travail, besoin de recruter et former une nouvelle personne. Le nouvel employé peut arriver avec de nouvelles idées, mais aussi prendre du temps avant de devenir aussi performant que celui qui a quitté. Devant ces coûts et ces bénéfices, Maltarich, Reilly et DeRose ont mené une étude ambitieuse pour mieux comprendre le phénomène qui a été publiée dans Journal of Applied Psychology.

Une entreprise œuvrant dans le commerce de détail aux États-Unis leur a permis d’analyser la performance de 1052 boutiques entre 2012 et 2014. Ils ont trouvé que lorsqu’on compare les équipes les unes par rapport aux autres, il y a une corrélation négative entre le nombre de congédiements et la performance. Il faut effectivement s’attendre à ce que les équipes qui ont plus de difficultés se départissent de plus d’employés que celles qui vont bien. Leur résultat était toutefois éclairant lorsque les chercheurs ont analysé l’évolution d’une même équipe au cours des années. Celles qui augmentaient leur taux de congédiement voyaient en moyenne une augmentation de la performance par rapport à celles qui restaient stables. Cet effet était aussi vrai pour les équipes performantes que pour celles qui avaient plus de difficultés.

Dans leur conclusion, les auteurs prennent bien soin de préciser que les patrons ne devraient pas interpréter leurs résultats comme une recommandation d’augmenter le nombre de congédiements, puisque cette stratégie occasionnerait un ensemble de problèmes si on la poussait à l’extrême. Ils croient toutefois que les entreprises ont avantage à bien considérer leurs pratiques de ressources humaines, et qu’il peut y avoir des avantages à créer un certain taux de roulement si cela permet de maximiser la compétence de ceux qui y travaillent.

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