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Leadership

À qui peut-on faire confiance?

Publié le 19 novembre 2018

Levine, Bitterly, Cohen et Schweitzer ont trouvé que beaucoup de la recherche sur la confiance dans une relation porte sur la manière de susciter confiance, mais peu sur ce qui fait qu’une personne sera ou non digne de confiance. Pourtant, n’est-ce pas par exemple l’essence de la tourmente qui secoue présentement Bombardier? Les auteurs ont publié dans Journal of Personality and Social Psychology un article qui vise à corriger cette lacune.

Ils ont mené six études en ligne et en laboratoire où les gens répondaient à une série de questionnaires et participaient à des jeux économiques où ils avaient la chance de tirer avantage d’une autre personne. Ils ont trouvé que, plus que d’autres traits de personnalité, c’est la propension à ressentir une culpabilité qui amène une personne à agir d’une manière intègre. Les gens prédisposés au sentiment de culpabilité ne sont pas plus généreux, mais ils se sentent davantage responsables des autres lorsqu’ils peuvent influencer leur sort.

Même s’il a été publié dans un périodique qui se spécialise en recherche fondamentale davantage qu’appliquée, cet article comporte des conclusions intéressantes dans un contexte organisationnel. Dans leur conclusion, ils proposent qu’on devrait éviter les personnes qui sont peu portées à ressentir la culpabilité, ce qui s’avère une piste intéressante en sélection pour les organisations qui cherchent à mesurer l’intégrité ou le sens des responsabilités d’un candidat. J’ajouterais que dans les contextes de conflit, où une partie vit une perte de confiance envers l’autre, la discussion du sentiment de culpabilité peut être une piste à explorer pour les professionnels de la médiation, ou ceux qui essaient tout simplement de remettre à l’ordre du jour le travail d’équipe.

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