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Développement

Harcèlement sexuel au travail: le point sur la formation

Publié le 7 mai 2018

Si le mouvement #MeToo peut amener des changements positifs à la société, c’est sans doute parce que les victimes de harcèlement sexuel en milieu de travail sont davantage portées à dénoncer les situations inacceptables qu’elles subissent. Les entreprises ont bien sûr un rôle important à jouer pour fournir à leurs employés un milieu de travail sain. Elles peuvent mettre en place une approche corrective où les employés peuvent dénoncer les abus sans craindre des répercussions, mais plusieurs préféreront une approche plus préventive, en formant notamment les travailleurs par rapport au harcèlement sexuel. Mark V. Roehling et Jason Huang de la Michigan State University ont publié dans Journal of Organizational Behavior une recension de l’état de la recherche sur l’efficacité de ces formations.

Ils ont trouvé de nombreuses démonstrations que les entreprises qui avaient mis en place de telles formations en avaient tiré des avantages légaux, indépendamment de l’efficacité de la formation. Lorsque l’entreprise se défend contre une plainte, le fait d’avoir donné à ses employés une formation pour prévenir le harcèlement sexuel lui permet de montrer qu’elle s’acquitte de ses obligations dans le cadre de sa défense. Bien sûr, si la formation permet une diminution des cas de harcèlement, elle permet un retour sur investissement encore meilleur, sans compter l’impact positif sur le climat de travail, et c’est pourquoi les dirigeants des organisations cherchent sans doute à recourir aux meilleures approches possibles.

C’est à ce sujet que les auteurs constatent que la recherche universitaire demeure encore peu avancée. Il n’est pas possible de comparer différentes approches de formation, ni même de savoir ce qui fonctionne le mieux. On ne sait pas vraiment pourquoi certaines formations permettent de changer des attitudes, mais d’autres non. Peu d’études ont même analysé l’impact de la formation sur les plaintes internes et externes. Puisque ce sujet touche particulièrement le milieu universitaire, on peut espérer qu’il attirera davantage l’attention des chercheurs.

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