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Sélection

La difficulté d’interpréter la validité prédictive

Publié le 27 novembre 2017

L’étude étalon qui a permis de classifier la validité prédictive des outils de sélection est celle de Schmidt et Hunter (1998), une méta-analyse qui a fait la recension de toutes les recherches menées jusqu’à ce moment et qui constitue toujours la référence pour les psychologues qui doivent élaborer un processus de sélection. Paul Sackett de l’Université du Minesotta, un chercheur réputé, a publié en collaboration avec ses étudiants Oren Shewach et Heidi Keiser dans Journal of Applied Psychology un résultat qui amène des nuances à cet article.

Ils ont mené une nouvelle méta-analyse de toutes les études qui ont été menées jusqu’à présent qui comparaient à la fois la validité prédictive des aptitudes intellectuelles à celle des centres d’évaluation. Alors que Schmidt et Hunter avaient trouvé que les aptitudes intellectuelles étaient parmi les outils de sélection les plus valides (r=0,51), dans ce cas-ci ils ont trouvé que les centres d’évaluation étaient plus valides (r=0,44) que les aptitudes intellectuelles (r=0,22). Pour expliquer la différence, ils avancent principalement l’hypothèse que les participants aux centres d’évaluation, qui sont des cadres, ont déjà été sélectionnés pour leurs aptitudes intellectuelles par le passé, si bien que les données dont ils disposaient ne reflétaient pas l’ensemble de la population. Ils proposent aussi que les mesures de performance dans les études portant sur les centres d’évaluation étaient moins portées sur les aptitudes cognitives. Ils ont donc prouvé empiriquement ce dont nous nous doutions tous, soit que les efforts supplémentaires nécessaires pour déployer des centres d’évaluation sont utiles par rapport aux mesures intellectuelles qui sont beaucoup plus simples et peu coûteuses.

Ces résultats tout en nuances nous montrent à quel point il nous reste des choses à apprendre sur le sujet de la validité des outils de sélection. Pourtant, il s’agit d’un domaine qui semble faire l’objet de moins de recherches que dans les années passées. Je comprends qu’il s’agit d’études complexes à mener d’un point de vue méthodologique, mais elles sont beaucoup plus utiles pour les organisations qu’une énième étude sur la motivation intrinsèque réalisée avec des mesures auto-rapportées. Mais j’imagine que c’est la conséquence du système auquel sont soumis les chercheurs : l’important, c’est de publier.

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