Blogue

Flux RSS

Sélection

Un patron peut-il être trop intelligent?

Publié le 10 octobre 2017

Ça suscite souvent les débats quand on en parle, mais la recherche est claire : le meilleur prédicteur individuel de la performance demeure la capacité d’apprentissage, ce qu’on mesure généralement par les tests de QI. Cela ne signifie pas qu’il soit le seul, bien au contraire, puisqu’on connait tous des gens très intelligents qui ont de la difficulté au travail parce que d’autres traits sont manquants, tels que la conscience professionnelle ou ce qu’on entend souvent sous le vocable de l’intelligence émotionnelle.

Si on revient à la capacité d’apprentissage, toutefois, Antonakis, House et Simonton ont mené une recherche pour explorer une hypothèse intrigante : cette relation ne serait peut-être pas linéaire, mais plutôt curvilinéaire. En d’autres termes, la relation entre le succès dans des fonctions de leadership pourrait croître jusqu’à un certain point, mais devenir négative lorsque l’intelligence est trop élevée. Ils ont publié leurs résultats dans Journal of Applied Psychology.

Pour mener leur étude, ils ont obtenu des données sur 379 leaders de plusieurs entreprises à des niveaux intermédiaires ou qui suivaient un programme de MBA exécutif. Ils semblent avoir utilisé les résultats de recherches précédentes, ce qui signifie que les protocoles de recherche variaient grandement d’un groupe à l’autre. L’intelligence a été mesurée avec le Wonderlic, tandis que le leadership a été évalué par 2905 membres l’entourage du leader. Ils ont effectivement confirmé leur hypothèse : l’intelligence est positivement corrélée à l’évaluation par les autres du leadership jusqu’à un QI d’environ 120, ou un score 30 au Wonderlic, mais par la suite la relation devenait négative.

Ils concluent toutefois avec certaines réserves quant à la capacité de généraliser ces résultats. Ce qui est vrai pour les cadres intermédiaires ne l’est pas nécessairement pour les chefs d’entreprise, par exemple. Mais ces résultats devraient certainement faire réfléchir les psychologues qui travaillent en sélection.

Commentaires